Exposition "Pastiches et Postiches"

Du 15/09 Au 10/11

Sous le titre Pastiches et postiches (1), Didier Dessus présente à Hors[ ]cadre une singulière galerie de portraits: chiens parés de bigoudis, chats affublés de chapeaux ou de de bonnets de douche, guerrières néogothiques, punks, légionnaires romains, Mario, Supergirl et autres super-héros…

Cet ensemble de peintures et de dessins se veut à la fois drôle et grinçant, humoristique et satirique, comme le roman d’Umberto Eco auquel il fait référence. Là où l’auteur Italien revisitait avec ironie des figures littéraires, telle que Nabokov, le peintre lui s’attèle aux hobbies de ses contemporains: ceux en particulier qui customisent leurs animaux de compagnie, leur ajoutant grâce à des applications (comme snapchat) moult accessoires ou ceux encore qui s’adonnent à l’art du cosplay, endossant le costume de leur héros favori…

Un univers carnavalesque qui puise ses racines dans la culture populaire, première source d’inspiration de l’artiste. Une culture vernaculaire qu’il aime faire résonner avec d’autres références, d’autres registres en convoquant aussi bien les grandes figures de l’histoire de l’art (Caravage, Rubens) que les héros de Marvel ou de Game of Thrones… L’artiste s’emploie à tisser des liens dans ce foisonnement d’images hétéroclites, rapprochant la tête d’une gorgone hérissée de serpents de celle d’un punk à crête ou bien les visages peints des cosplayers de ceux des indiens d’Amérique, faisant dialoguer à travers son art les cultures, les rites, les époques.

La peinture de Didier Dessus est le lieu de rencontres surprenantes, de télescopages inattendus à l’image de ces légionnaires romains semblant surgir de chez Emmaüs! Le traitement pictural participe de cette porosité des frontières entre différents univers, différentes époques. L’artiste travaille par superposition de strates, qu’il imbrique les unes dans les autres. Il entremêle figures et fonds, laissant par endroit des zones vierges, des lacunes, donnant à sa peinture un effet d’inachevé. Par ce principe, le peintre vient saper le réalisme de sa représentation pour distiller étrangeté, ambiguïté à ses compositions. Ce traitement parcellaire de l’image avec ces zones qui se dérobent au regard entre pleinement en écho avec les thèmes du déguisement, du masque, du changement d’identité, de la métamorphose abordés dans les oeuvres.
Dans ce jeu de caché-dévoilé, le spectateur acquiert un rôle actif, il est invité à combler mentalement les manques. Mais saura-t-il lever le voile sur ces postiches, percer l’énigme de ces pastiches ?
Nathalie Amiot, juillet 2019

1. Le titre est emprunté à Umberto Eco, ouvrage délicatement satirique paru en 2005 dans lequel l’auteur passe en revue les modes et les moeurs de ses contemporains. Qu’il pastiche avec une affectueuse drôlerie Vladimir Nabokov ou le Nouveau Roman, imagine les déductions d’ethnologues australiens découvrant les indigènes du
Milanais, ou fasse commenter en direct par les médias de notre temps la découverte de l’Amérique, il nous convie avec une alliance unique d’érudition, d’esprit critique et de gaieté voltairienne, à une nouvelle lecture des langages et des codes qui sont les nôtres et auxquels nous ne prêtons plus attention, tant ils font partie de
notre quotidien.

2. Cosplay est un mot anglais composé de « costume » et « play » (« jouer »), il désigne l’art d’endosser des costumes et accessoires pour imiter un personnage de films, de jeux vidéo ou de bande dessinée.

Exposition du 15 septembre au 10 novembre 2019.

Du mercredi au dimanche de 14h à 18h.

Entrée libre.

Vernissage le samedi 14 septembre à 18h.

Workshop/atelier avec Didier Dessus: samedi 26 et dimanche 27 octobre (vacances de la Toussaint).
MJC d’Auxerre, sur inscriptions (10 € adultes, 8 € enfants et étudiants). Renseignements et inscriptions au 06 88 97 42 26.